Nouveau souffle de la politique pénitentiaire

Nouveau souffle de la politique pénitentiaire

L’amélioration des conditions de vie de la population carcérale est une quête Permanente au Cameroun. Une équation dont la résolution s’est récemment enrichie d’un document stratégique, le mémoire de fin d’études du Dr Marie Théodule BENG ELINGUI épse NYOMA, Sous-Directeur de la Santé Pénitentiaire à la Direction de l’Administration Pénitentiaire du Ministère de la Justice. Le document de 163 pages place la coopération internationale comme un outil alternatif pour le renforcement de la politique pénitentiaire au Cameroun.

C’est du campus de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun qu’a retenti l’appel du Sous-Directeur de la Santé Pénitentiaire, Marie Théodule BENG ELINGUI. Le mémoire intitulé « Enjeux de la coopération internationale en milieu carcéral au Cameroun dans un contexte de développement durable » est une invite au renforcement de la politique pénitentiaire camerounaise. Et ceci se réalisera par l’accentuation de l’action internationale dans les prisons, une présence internationale dont le premier passage dans les années 2000 a permis l’amélioration des conditions de vie des détenus sur les volets de la santé, de l’éducation, de l’alimentation et de la formation.

En effet, selon Marie Théodule BENG ELINGUI, de 2000 à 2019, l’activité humanitaire s’est largement intensifiée en milieu carcéral camerounais. Les Accords de Lomé signés entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique pour l’aide au développement ont ainsi favorisé la construction de 06 nouvelles prisons de 300 places chacune, la réhabilitation de 24 forages, l’aménagement de 12 forages équipés et l’acquisition de 08 véhicules cellulaires pour l’escorte des détenus. En outre, il a été mis en place de petites unités de production dans 60 prisons principales et secondaires afin de préparer les détenus à la réinsertion sociale et de les prémunir de la récidive. Par ailleurs, l’Union Européenne, à travers le Programme d’Amélioration des Conditions de Détention, dans ses phases I et II, a appuyé certains détenus prévenus en rémunérant des avocats commis à leur défense à Douala et à Yaoundé.

Ce programme a également amélioré les conditions sanitaires, alimentaires et les conditions de transport des personnes incarcérées dans les 10 prisons centrales du pays.

L’apport de l’IADM

Le mémoire de Marie Théodule BENG ELINGUI précise que, dans le cadre de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés -PPTE- et de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale IADM, les prisons camerounaises ont bénéficié du projet de modernisation des prisons et de préparation à la réinsertion sociale des détenus. Ce projet, d’une durée de 03 ans, s’étendait de 2007 à 2009.

La dotation budgétaire initialement planifiée était de 3 931 780 000 FCFA, dont 3 815 200 000 FCFA pour les fonds IADM et une contribution de l’État d’un montant de 116 580 000 FCFA. Les activités planifiées dans le cadre de ce projet reposaient sur 03 piliers à savoir, en 2007, la construction de 02 prisons à Bangem et à Ngoumou, l’acquisition de 02 véhicules cellulaires pour la Prison Centrale de Yaoundé, la réalisation de 02 forages dans les prisons de Bangem et Ngoumou, la création des activités de production dans certaines prisons et le renforcement des capacités des ressources humaines ; en 2008, la construction et la réhabilitation des prisons ; en 2009, l’achat de véhicules cellulaires pour le transport des détenus.

La question du respect des droits de l’homme n’a pas été en reste. Le Cameroun a ratifié plusieurs textes internationaux en matière de respect des droits de l’homme.

De même qu’un Programme d’amélioration des conditions de détention et de respect de ces droits a été financé intégralement par le Fonds Européen de Développement. Une série d’actions internationales qui, d’après le constat du Dr Marie Théodule BENG ELINGUI, est peu connue au jourd’hui. Il est indéniable pour elle que cette présence de partenaires internationaux a donné un souffle nouveau à la politique carcérale de manière générale. Elle propose à cet effet, pour un souci de durabilité, d’améliorer l’accès à l’aide juridique, d’améliorer les contrôles externes de la détention, de revoir le budget à la hausse, de former et éduquer des personnels d’encadrement aux droits de l’homme, d’harmoniser les règlements et pratiques pénitentiaires, entre autres.

Le mémoire du Sous-Directeur de la Santé Pénitentiaire, subdivisé en 05 parties, met un point d’honneur à l’amélioration des conditions de détention des mineurs et des femmes. En rappel, en septembre 2019, le Cameroun comptait 806 femmes incarcérées dont 577 en détention préventive et 229 condamnées définitifs. Parmi ces femmes, 57 vivaient en prison avec leurs enfants dont les âges variaient entre 03 mois et 08 ans. Les statistiques révèlent qu’il y a 32 enfants dans les prisons de l’Extrême-Nord, 07 dans le Nord, 07 dans le Centre et 04 dans le Sud-Ouest. Ainsi, au-delà des politiques d’éducation et de formation ciblant les femmes, Marie Théodule BENG ELINGUI propose d’élaborer des programmes et projets de préparation à la réinsertion sociale des femmes détenues spécifiquement.

Le mémoire du Dr Marie Théodule BENG ELINGUI, réalisé sous la direction du Pr Pascal Charlemagne MESSANGA NYAMDING en vue de l’obtention d’un Master en « Coopération Internationale, Action Humanitaire et Développement Durable » avec un jury présidé par le Pr ESOH ELAME et le Rapporteur, Dr René BIDIAS, a obtenu la note de 18/20, mention « Excellent ». Un travail d’éclairage fort apprécié, en parfaite symbiose avec la concrétisation des projets et l’effectivité des réalisations des pouvoirs publics.

Les réalisations du Gouvernement

Le Ministère de la Justice depuis, plus d’une décennie, a érigé en priorité, l’effectivité et la consolidation d’un environnement favorable aux détenus à travers, entres autres, la modernisation des infrastructures pénitentiaires et l’amélioration de leurs conditions de vie en détention. A titre d’exemple, seulement pendant l’année 2008, la réhabilitation et l’extension de 10 prisons centrales, la construction et l’équipement en matériel médical des infirmeries de ces prisons centrales, la construction des forages, l’installation des systèmes biogaz dans 08 prisons principales, l’acquisition de 10 camions destinés à l’approvisionnement et au transport des détenus, entre autres, ont été réalisés.

De plus, à la faveur de dotations spéciales accordées par le Chef de l’Etat, Paul BIYA, le Ministère de la Justice a progressivement multiplié les acquisitions pénitentiaires en lançant la construction de nouvelles prisons à l’instar des prisons de Mbankomo, Toubouro, Douala-Ngoma, Bali et Limbé. Il a aussi procédé à la réfection du système électrique de plusieurs prisons et au renforcement du système de sécurité de plusieurs autres. Le budget alloué à ce département ministériel a été revu à la hausse en 2018, précisément au chapitre concernant l’enveloppe de l’Administration Pénitentiaire pour améliorer la santé et l’alimentation des détenus. En 2020, l’univers carcéral s’est aéré suite à l’exécution de la Lettre-Circulaire n°02/17016/SC/DAPG/MJ du 17 avril 2020 du Garde des Sceaux portant application du Décret n°2020/193 du 15 avril 2020 portant remises et commutations des peines.

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